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08.09.2026 Читать источник
Baker Tilly Luxembourg назначил нового CEO и запустил масштабную трансформацию для выхода в топ-10

43-летний Янник Равен, возглавивший сеть из 110 специалистов, объявил о стратегическом объединении с коллегами из Бельгии и Нидерландов для расширения услуг в сферах M&A и корпоративных финансов. Новый руководитель подтвердил, что цель кабинета — сохранить независимость и укрепить позиции в регионе, не копируя модель «Большой четверки».
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Yannick Ravaine: «Il était important de passer ce cap»
Il y a 15 ans, Yannick Ravaine n’imaginait pas diriger un jour Baker Tilly Luxembourg. Le voici pourtant aux commandes d’une maison de 110 professionnels, engagée dans le plus important changement d’échelle de son histoire récente. «Si je vous dis qu’il y a 15 ans, quand je suis rentré, mon rêve était de devenir CEO de Baker Tilly, non, ça, c’est clair que non. Jamais je n’y aurais pensé, mais les opportunités ont fait que oui», raconte le dirigeant de 43 ans dans sa première interview depuis sa nomination.
Arrivé chez Baker Tilly en 2012, après six années comme responsable administratif et financier dans le secteur de la distribution, Yannick Ravaine est devenu associé en 2023. Expert-comptable de formation, il s’est spécialisé dans l’immobilier, la construction et l’accompagnement de structures de private equity.
Il succède à une génération qui avait elle-même gravi tous les échelons de la maison. Jean-Claude Lucius et Jean-Philippe Mersy, qui avaient commencé comme juniors, transmettent progressivement leurs responsabilités. «Je peux remercier Jean-Claude et Jean-Philippe, qui ont bâti la structure qui a permis tout ce qu’on est en train de réaliser aujourd’hui», souligne Yannick Ravaine.
Le poste de managing partner est partagé entre deux fonctions: Yannick Ravaine prend la direction opérationnelle comme CEO, tandis qu’Arnaud Delalle préside le conseil d’administration. Quatre directeurs, Michaël Duval, Loïc Heinrich, Nicolas Meyer et Julie Ratajczak, accèdent parallèlement au rang d’associé, portant leur nombre à neuf.
Une plateforme technologique du Benelux
Cette transition intervient alors que Baker Tilly Luxembourg rejoint la plateforme constituée par les entités belge et néerlandaise du réseau. Sous réserve de l’autorisation de l’Autorité néerlandaise des consommateurs et des marchés, l’opération doit être finalisée au quatrième trimestre 2026. Elle réunira 25 bureaux et environ 1.500 professionnels.
Les associés des trois pays investiront ensemble dans la plateforme, aux côtés de la société d’investissement Inflexion, qui en demeure actionnaire minoritaire. Les modalités financières de l’opération n’ont pas été dévoilées.
Pour nous, il était important […] de pouvoir aller au-delà d’un réseau d’indépendants.
Yannick Ravaine, CEO, Baker Tilly Luxembourg
Pour le cabinet luxembourgeois, l’accord ne signifie pas l’abandon de son indépendance opérationnelle. Les décisions relatives aux clients, aux métiers, à la tarification et aux équipes seront toujours prises au Grand-Duché. «Ce que nous voulions, c’était conserver une autonomie locale», insiste Yannick Ravaine.
La coordination à trois portera principalement sur les plateformes technologiques, les standards de qualité et le développement régional. «Pour nous, il était important de passer ce cap et de pouvoir aller au-delà d’un réseau d’indépendants», explique le nouveau CEO.
Ce rapprochement doit d’abord permettre de répartir des investissements trop lourds pour une seule entité. Jusqu’ici, reconnaît-il, «il n’y avait pas vraiment de pooling» technologique entre les membres du réseau. L’intelligence artificielle (IA) figurera parmi les premiers chantiers communs, même si le montant de l’enveloppe d’investissement reste confidentiel.
Compléter l’offre
Yannick Ravaine promet de ne pas remplacer les comptables par des machines. Il présente l’IA comme «un outil d’amélioration et d’accélération des process, d’automatisation des tâches administratives sur lesquelles il n’y a pas une vraie plus-value».
L’ambition consiste notamment, à terme, à croiser les données de différents clients dans un environnement sécurisé afin d’améliorer la cohérence et la fiabilité des travaux. Pour le moment, juge-t-il, l’IA reste utilisée d’une manière «encore beaucoup trop embryonnaire» dans le secteur.
Le jugement professionnel et indépendant ne doit pas exclusivement se baser sur l’IA.
Yannick Ravaine, CEO, Baker Tilly Luxembourg
Cette utilisation devra rester encadrée. «Le jugement professionnel et indépendant ne doit pas exclusivement se baser sur [cette technologie]», prévient-il. Le cabinet a formé ses équipes et instauré des processus destinés à documenter les outils employés dans chaque mission. Il doit également informer ses clients lorsqu’une IA a été utilisée et préciser à quel niveau.
Dans les métiers de la comptabilité proprement dits, l’automatisation joue encore un rôle plus important que l’IA. Les outils employés sont davantage éprouvés et leur utilisation permet, selon Yannick Ravaine, de mieux maîtriser la manière dont les données sont sécurisées et traitées.
La plateforme doit surtout compléter la gamme de services proposés au Luxembourg. Baker Tilly pourra désormais mobiliser les compétences de ses collègues belges et néerlandais en matière de fusions-acquisitions (M&A) et de corporate finance, mais aussi pour des missions de direction financière externalisée et d’autres prestations spécialisées.
«Aujourd’hui, si on va sur du corporate finance au Luxembourg, nous n’avions pas ce domaine de compétence pour pouvoir accompagner un client sur tout un process de M&A», reconnaît Yannick Ravaine. La nouvelle organisation permettra de présenter ces compétences de manière structurée, de travailler avec les mêmes outils et d’accélérer les échanges avec les clients.
Des offres liées à la gouvernance technologique et aux nouvelles réglementations européennes sont également à l’étude. Le CEO ne détaille pas encore les services qui pourraient être proposés dans ce domaine, mais confirme que le cabinet réfléchit à leur mise en place.
Immobilier et private equity, les deux locomotives du cabinet
Baker Tilly Luxembourg apportera, en sens inverse, son expertise dans l’immobilier et le private equity, deux domaines liés à la fonction de plateforme financière du pays. Sa clientèle comprend aussi des PME luxembourgeoises, héritées d’une histoire qui remonte à 1970 sous les noms successifs d’Interfiduciaire, puis d’IF Group.
Le client n’a pas à traiter avec les trois pays, il peut avoir un seul key contact.
Yannick Ravaine, CEO, Baker Tilly Luxembourg
Pour les clients présents dans plusieurs pays, la promesse est celle d’un interlocuteur unique, capable de coordonner les équipes au Luxembourg, en Belgique et aux Pays-Bas. «Le client n’a pas à traiter avec les trois pays, il peut avoir un seul key contact», résume Yannick Ravaine.
Le cabinet avait déjà répondu avec ses homologues à plusieurs appels d’offres avant l’annonce officielle. Les trois entités ne pouvaient pas encore se présenter comme une structure Benelux, mais elles intervenaient ensemble comme membres du même réseau. Selon le nouveau CEO, ces premiers tests ont suscité une «vraie attractivité».
La réussite de l’opération se mesurera au chiffre d’affaires, mais pas seulement. Baker Tilly veut aussi utiliser la nouvelle taille du groupe pour recruter et fidéliser ses équipes. La concurrence pour les talents reste forte au Luxembourg, y compris pour une société installée à proximité immédiate de la gare de Howald et du tram.
Le cabinet mise sur un modèle moins pyramidal que celui généralement associé au secteur. Managers et associés doivent rester en contact régulier avec les clients, tandis que les juniors sont intégrés rapidement dans les équipes et exposés à une gamme plus large de dossiers.
Les nouvelles recrues devront aussi comprendre les enjeux technologiques et conserver le recul nécessaire face aux outils qu’elles utilisent. «On a des générations qui ont fait leurs études avec ChatGPT», observe Yannick Ravaine. Cette évolution obligera le cabinet à revoir des méthodes de formation jusqu’ici largement fondées sur l’expérience et la transmission interne. L’enjeu ne sera plus seulement d’apprendre à produire, mais de savoir contrôler ce que la machine produit.
«Rester dans le top 10»
Le nouveau CEO se décrit comme «quelqu’un d’exigeant». Une exigence qu’il applique à la qualité du service, mais aussi à l’entraide entre les équipes. Il revendique une direction collégiale et une culture dans laquelle les promotions internes restent privilégiées. Les quatre nouveaux associés sont tous issus de la maison.
«Je veux être considéré comme quelqu’un qui a des valeurs et maintient ses valeurs dans une économie qui peut être aussi difficile», dit-il. La priorité «People first» affichée par Baker Tilly doit, selon lui, rester compatible avec l’automatisation des tâches. «Le jugement professionnel sera toujours important.»
Cette fidélité au modèle de la maison n’empêche pas l’ambition. Baker Tilly Luxembourg ne cherche pas à reproduire les Big Four, dont Yannick Ravaine reconnaît les processus «très efficaces». Copier leurs structures sans disposer de la même histoire, de la même taille, ni de la même maturité serait toutefois une erreur, estime-t-il.
Son objectif tient en une ligne: «Si on veut devenir un Big Four? Non. Si on veut maintenir notre position en termes de compétences et de stratégie cohérente par rapport au réseau [et] rester dans le top 10? Oui.»
C’est tout l’équilibre de l’accord Benelux. Baker Tilly Luxembourg veut accéder aux capitaux, aux technologies et aux expertises d’une organisation de 1.500 personnes, tout en continuant à décider comme une maison luxembourgeoise. Pour Yannick Ravaine, la première épreuve de dirigeant consistera précisément à démontrer que ces deux ambitions peuvent se renforcer plutôt que se neutraliser.
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