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09.09.2026 Читать источник
Этический комитет ЕС призвал создать независимую инфраструктуру для управления нейротехнологиями и ИИ

Группа европейской этики в области науки и новых технологий опубликовала заявление, призывающее к развитию европейских публичных инфраструктур для обработки нейроданных. Эксперты подчеркивают необходимость защиты приватности и технологического суверенитета перед лицом глобального развития нейротехнологий.
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Neuro-AI : le cerveau devient-il une nouvelle frontière pour les données ?
Le 8 septembre 2026, le Groupe européen d'éthique des sciences et des nouvelles technologies (EGE), organe consultatif indépendant de la Commission européenne, a publié une déclaration intitulée Governing Neuro-AI: Towards an Infrastructure Approach. Le document examine la convergence entre les neurotechnologies et l'intelligence artificielle. Il déplace surtout le regard des seuls appareils vers les infrastructures qui collectent, traitent et réutilisent les données cérébrales.
Cette évolution technologique repose sur un principe simple. Les neurotechnologies produisent des données liées à l'activité cérébrale. L'intelligence artificielle peut ensuite traiter ces informations et les combiner avec d'autres données. Ces ensembles peuvent servir au développement de modèles et d'applications dans plusieurs contextes.
L'EGE identifie déjà plusieurs domaines d'utilisation. Il cite notamment la santé, la rééducation et la recherche scientifique. Le développement reste toutefois associé à des questions importantes sur la protection des personnes et l'utilisation des données.
Cette déclaration ne surgit pas dans un vide réglementaire. L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture a adopté en 2025 sa première recommandation mondiale sur l'éthique des neurotechnologies. Elle y traite les données neurologiques et les inférences mentales comme des catégories nécessitant des garanties particulières. Au niveau européen, la Déclaration de León, adoptée en 2023 sous présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne, avait déjà posé un premier jalon pour protéger les droits numériques face aux neurotechnologies.
De la donnée individuelle à l'infrastructure
La déclaration de l'EGE propose une évolution de perspective. Jusqu'ici, les débats se concentraient largement sur les dispositifs et la confidentialité des neurodonnées. Le document invite désormais à regarder les infrastructures qui permettent leur collecte, leur traitement et leur réutilisation.
Cette distinction est importante pour comprendre l'économie potentielle du secteur. Une technologie isolée peut produire une application médicale. Une infrastructure permet, elle, de réunir des données, des capacités de calcul, des chercheurs et des développeurs.
L'EGE évoque à ce titre la possibilité de développer des « Brain Foundation Models », c'est-à-dire des modèles d'intelligence artificielle conçus à partir de données liées au fonctionnement cérébral. La déclaration ne présente pas ces modèles comme une technologie déjà généralisée. Elle demande plutôt que leur développement éventuel soit accompagné d'une réflexion sur les infrastructures nécessaires. Cette prudence contraste avec un secteur académique où plusieurs équipes de recherche, notamment aux États-Unis, publient déjà des travaux préliminaires sur des modèles similaires entraînés à partir d'enregistrements neuronaux à grande échelle.
Une question de souveraineté technologique
L'enjeu européen ne porte donc pas uniquement sur la protection des données. L'EGE évoque aussi la souveraineté technologique et les infrastructures d'intérêt public. Il recommande notamment de renforcer les capacités européennes de gouvernance dans ce domaine.
Cette question rejoint les débats plus larges sur la maîtrise des infrastructures numériques. Les technologies de Neuro-AI nécessitent des capacités de collecte, de traitement et de réutilisation des données. Elles demandent également des compétences scientifiques et informatiques spécialisées, dans un contexte où les dispositifs grand public échappent souvent aux mêmes contrôles que les usages médicaux.
La déclaration de l'EGE ne chiffre pas un marché de la Neuro-AI. Elle ne fournit pas non plus de prévision économique. Il serait donc prématuré d'attribuer une valeur financière précise à ces données, malgré l'intérêt croissant des investisseurs pour les interfaces cerveau-machine.
Un marché encore difficile à mesurer
Le sujet économique se situe plutôt dans la construction de capacités. Les applications médicales peuvent nécessiter des infrastructures de recherche, des données de qualité et des systèmes capables de traiter ces informations. La recherche publique pourrait donc jouer un rôle central dans la constitution de ces capacités, aux côtés d'acteurs privés spécialisés.
La déclaration appelle précisément à développer des infrastructures européennes d'intérêt public. Elle recommande aussi de renforcer la protection des neurodonnées et des inférences produites à partir de ces données, en particulier lorsqu'elles influencent des décisions importantes pour les personnes concernées, qu'il s'agisse d'emploi, d'assurance ou de santé.
L'EGE propose enfin une évaluation ciblée du cadre européen applicable aux systèmes de Neuro-AI, qui recoupe en partie le règlement général sur la protection des données et le règlement européen sur l'intelligence artificielle. Cette recommandation ne constitue pas l'annonce d'une nouvelle réglementation. Elle marque plutôt l'ouverture d'un chantier de réflexion sur une technologie encore en développement.
La Neuro-AI se trouve ainsi à un stade où les infrastructures comptent autant que les applications. Les données cérébrales deviennent exploitables par des systèmes d'intelligence artificielle, mais leur utilisation reste encadrée par des contraintes scientifiques, techniques et éthiques. Pour l'Europe, la question consiste désormais à savoir quelles capacités de recherche et d'infrastructure elle souhaite maîtriser dans ce domaine, avant que d'autres régions du monde n'imposent leurs propres standards.
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