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16.07.2026 Читать источник
В Атланте чернокожие женщины проходят обучение по самообороне с огнестрельным оружием

В пригороде Атланты регулярно проводятся тренировки для афроамериканок, позволяющие им освоить навыки обращения с оружием и укрепить чувство безопасности. Участники клуба подчеркивают важность права на самооборону, несмотря на продолжающиеся дебаты о регулировании владения огнестрельным оружием в США.
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(Covington) Assise sur une chaise de camping, Tara Mendez attend nerveusement les instructions, les pieds sur le gravier couvert de douilles. L’infirmière de 57 ans participe à son premier exercice de tir à Covington, en banlieue d’Atlanta.
« Une collègue de travail m’a invitée et je souhaite apprendre, comme femme seule, à manipuler une arme à feu et à mieux me protéger », explique la femme originaire du Massachusetts, une casquette de Boston posée sur ses tresses rouges.
Des coups de feu résonnent dans une autre partie du centre d’entraînement, séparée par un épais boisé.
La police ne peut pas être partout à la fois, et pouvoir se protéger est un besoin de base.
Tara Mendez
En ce dimanche de juin, une vingtaine de femmes afro-américaines sont réunies pour la formation pratique de quelques heures, où elles s’exercent avec des pistolets semi-automatiques et des fusils AR-15. Une fois par mois, le Bass Reeves Gun Club – du nom du premier policier fédéral noir aux États-Unis – organise une « journée pour les dames ».
Le club de la grande région d’Atlanta est la section fondatrice de la National African American Gun Association (NAAGA), créée en 2015 pour former et réunir la communauté noire autour des armes à feu, mais aussi faire entendre sa voix sur cette question. L’organisme compte aujourd’hui 75 sections et quelque 40 000 membres, dont près de la moitié sont des femmes.
« Je suis contente de voir ça », commente l’instructrice Nezida Davis, coordonnatrice principale des « Queens of Defense », une division de la NAAGA pour les femmes leur permettant d’échanger, lors de rencontres virtuelles, notamment.
C’est l’avocate retraitée qui montre aux participantes à Covington comment manipuler adéquatement une arme de poing, le rose de ses ongles parfaitement manucurés reflétant l’ardent soleil de Géorgie.
La place des femmes
Marqués par une culture masculine – voire machiste –, souvent associée au conservatisme blanc, les clubs de tir peuvent être intimidants pour qui ne correspond pas à ce modèle.
« Avant mars 2020, on voyait beaucoup moins de Noirs et de femmes dans les stands de tir », ajoute Mme Davis, devenue propriétaire d’une arme pour la première fois en 1992, sur les conseils de son défunt mari, vétéran de l’armée – même si elle n’« aimait pas les armes à feu », précise la femme de 68 ans.
Les années 2020 et 2021 ont été marquées par un pic de crimes violents aux États-Unis. Le climat d’insécurité a poussé des Américains à chercher des solutions, notamment du côté des armes. Selon une étude de l’Université de Chicago, 1 adulte sur 20 aux États-Unis a acheté une arme à feu pour la première fois durant la pandémie.
On remarque une hausse de l’intérêt des femmes en général pour les armes à feu, mais c’est encore plus vrai pour les Afro-Américaines : en 2021, les commerçants ont rapporté une augmentation de 87 % des ventes à ce groupe démographique, selon la National Shooting Sports Foundation.
Préjugés
« Il y a beaucoup de préjugés envers les propriétaires d’armes à feu : les Noirs sont dépeints comme des criminels, les Blancs, comme des péquenots », déplore l’instructrice Casandra Light.
À 30 ans, celle qui travaille comme directrice dans un bureau est aussi la vice-présidente du Bass Reeves Gun Club.
Pourtant, elle n’a pas grandi dans un milieu proarmes.
Ma mère est de la Jamaïque, donc, pour elle, les armes sont utilisées par les militaires, les policiers et les criminels. Elle trouvait ça bizarre.
Casandra Light, instructrice au Bass Reeves Gun Club
Son intérêt lui est d’abord venu lorsqu’elle était étudiante, avec sa sœur, à l’Université d’État de Géorgie, en plein centre-ville d’Atlanta.
Le harcèlement de rue et les vols sur le campus l’ont convaincue de se procurer une arme à feu. « Ça m’a donné un sentiment de sécurité, dit-elle. Peut-être que je marchais différemment, mais j’ai eu l’impression que les interpellations avaient diminué. » Même si elle n’a jamais eu à l’utiliser ni même à la sortir de son étui à l’extérieur d’un centre de tir, précise celle qui participe maintenant à des compétitions.
Elle est aussi devenue une ardente défenseure du deuxième amendement, estimant que les législateurs s’en prennent aux mauvaises cibles en voulant restreindre l’accès aux armes. « C’est un droit inscrit dans la Constitution », insiste-t-elle.
Deuxième amendement
Lorsqu’il a été ratifié, en 1791, le deuxième amendement assurait aux Américains le droit de s’organiser en milices contre des forces hostiles. Il ne s’appliquait pas aux personnes noires – esclaves ou libres.
L’interprétation actuelle est plus récente. La Cour suprême a rendu un jugement important en 2008, protégeant le droit individuel d’avoir une arme à feu sans faire partie d’un groupe organisé.
Une victoire pour les lobbys proarmes.
Leur accès reste inégal selon les États, qui peuvent légiférer sur certains aspects, en rendant obligatoire l’obtention d’un permis ou en restreignant les lieux où les armes sont autorisées, par exemple – les litiges ont été nombreux autour des lois.
Libellé du deuxième amendement (ratifié le 15 décembre 1791)
« Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, il ne sera pas porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes. »
Et le débat se poursuit dans le pays occidental comptant le plus de civils armés.
Le taux de mortalité par armes à feu varie grandement d’un État à l’autre, et est généralement plus bas lorsque les lois sont plus restrictives sur la question. Mais en enlevant de l’équation les suicides – qui comptent pour 62 % de ces morts –, les conclusions sont moins claires. Selon le Pew Research Center, en 2024, l’endroit comptant le plus haut taux d’homicides par arme à feu était le district de Columbia, aux règles assez strictes, et celui au taux le plus bas était le New Hampshire, connu pour son libéralisme.
Opinions divergentes
Même au sein d’un petit groupe de femmes pourtant favorables aux armes à feu, les opinions sont nuancées.
« Je suis un peu mitigée, parce que je crois profondément au deuxième amendement, mais quand je vois des tueries dans les écoles et tout ça, ça me rend incertaine », dit Laurens Sims, une étudiante de 25 ans, propriétaire d’une arme qu’elle traîne dans son sac à main depuis trois ans pour sa protection personnelle. « Je pense que je suis à 50-50 sur la question », poursuit-elle, sous sa casquette « Lord’s Favorite » (la préférée du Seigneur). Elle serait favorable à restreindre l’accès aux armes.
J’ai l’impression qu’il devrait y avoir une meilleure procédure pour s’assurer que quelqu’un n’achète pas une arme pour les mauvaises raisons.
Laurens Sims
« Ce serait génial de pouvoir mettre un terme à la violence par arme à feu », dit de son côté Mme Davis. Mais elle ne fait pas confiance aux lois pour y arriver. « Le problème a pris une telle ampleur que ce n’est pas en diminuant les droits garantis par le deuxième amendement pour les citoyens qu’on va le régler », estime-t-elle.
À 75 ans, Yvonne Sherrill s’entraîne depuis quelques années au club, dont son mari est aussi membre.
Quand il lui a offert son premier pistolet en 2020, elle refusait d’y toucher. Mais elle s’exerce, en cas d’invasion de domicile, surtout. Les jambes bien positionnées, elle tire sur les cibles en papier.
« J’aimerais mieux que tout le monde s’entende bien et qu’on n’en ait pas besoin, souligne-t-elle. Mais je ne suis pas contre le fait que des gens en aient. J’ai plusieurs armes. Mais j’espère ne jamais avoir à m’en servir. »
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