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06.07.2026 Читать источник
Ученые опровергли миф о связи группы крови и укусов комаров: главный фактор — пиво

Исследование, проведенное на фестивале в Нидерландах, показало, что привлекательность для комаров не зависит от группы крови, а определяется в первую очередь потреблением пива. Эксперимент с участием 1700 насекомых подтвердил, что запах тела после употребления этого напитка делает человека в 1,35 раза более уязвимым.
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La bière, pas le sang. Voilà le verdict d’une étude scientifique menée en conditions réelles, loin des laboratoires stériles, directement au cœur d’un festival néerlandais. Pendant des décennies, on a répété que certains groupes sanguins rendaient plus vulnérable aux piqûres de moustiques. Une équipe de chercheurs de l’université Radboud de Nimègue vient de démontrer que cette croyance populaire ne tient pas la route, tandis qu’un facteur beaucoup plus prosaïque, ce qu’on tient dans son verre, fait toute la différence.
À retenir
- Des chercheurs ont testé 1 700 moustiques sur 465 festivaliers dans un conteneur en plein festival
- La théorie du groupe sanguin s’effondre face aux données réelles collectées sur le terrain
- Un facteur aussi bête que la bière se révèle 1,35 fois plus attractif que prévu
Un laboratoire improvisé au cœur du chaos festivalier
L’idée de départ était simple : comprendre pourquoi certaines personnes se font dévorer par les moustiques alors que d’autres traversent l’été presque indemnes. Pour y répondre, l’équipe menée par le biophysicien Felix Hol a choisi un terrain d’expérimentation aussi inattendu qu’efficace : le festival Lowlands, à Biddinghuizen, aux Pays-Bas. Ce festival annuel de trois jours rassemble 65 000 festivaliers sur des terres agricoles, et l’étude s’y est déroulée du 18 au 20 août 2023, dans un laboratoire installé à l’intérieur de conteneurs maritimes soudés entre eux.
Concrètement, quatre conteneurs métalliques ont été transformés en station de recherche, avec en bande-son les concerts de Billie Eilish et d’Underworld en toile de fond. Baptisée « Mosquito Magnet Trial », l’expérience a rassemblé 465 participants, en majorité des festivaliers majeurs. Chacun a d’abord répondu à un questionnaire détaillé sur son hygiène, son alimentation et ses habitudes du week-end, avant de passer à l’épreuve la plus originale du protocole.
Les volontaires plaçaient leur bras contre une cage transparente perforée, où des moustiques femelles Anopheles pouvaient sentir mais pas piquer la peau exposée. Une caméra filmait ensuite le ballet des insectes, comptant combien se posaient près du bras plutôt que sur un distributeur de sucre placé à l’autre extrémité de la cage. Sur les trois jours, pas moins de 1 700 moustiques ont été acheminés depuis Nimègue, à une centaine de kilomètres du site du festival. Un dispositif logistique digne d’une opération militaire, pour un insecte qu’on écrase habituellement d’un revers de main.
La bière, coupable numéro un, le sang totalement innocenté
Les résultats, publiés en préprint sur le serveur bioRxiv, sont sans appel. Les participants qui avaient bu de la bière se sont révélés 1,35 fois plus attractifs pour les moustiques que ceux qui n’en avaient pas consommé. Une différence qui n’a rien d’anecdotique quand on sait que l’expérience portait sur près de 500 personnes en conditions réelles, pas sur un échantillon de laboratoire trié sur le volet.
Le plus frappant, c’est ce qui n’a montré aucun effet. L’étude n’a trouvé aucun lien avec le groupe sanguin, l’âge, le genre, le régime alimentaire ou la consommation de café, démontant plusieurs mythes bien ancrés. Cette théorie du groupe sanguin, colportée depuis des années dans les conversations de terrasse et les articles de vulgarisation, ne résiste donc pas à un test à grande échelle. Il existait pourtant des suggestions, jamais vraiment étayées par des preuves solides, selon lesquelles les moustiques préféreraient certains groupes sanguins ou un sang particulièrement « sucré ».
Autre surprise : ce n’est pas l’alcool en tant que tel qui joue les aimants à moustiques. Les chercheurs ont mesuré le taux d’alcoolémie et n’ont trouvé aucune corrélation entre le degré d’ivresse et l’attractivité pour les moustiques ; le coupable ne serait pas l’alcool circulant dans le sang, mais la façon dont la bière modifie notre odeur corporelle, possiblement via des sous-produits métaboliques évacués dans la sueur ou sur la peau. Interrogé par la radio néerlandaise Vroege Vogels, Felix Hol avance une explication complémentaire : les personnes qui ont bu de l’alcool se comportent aussi différemment, dansant par exemple de manière plus exubérante lors d’un festival comme Lowlands, ce qui peut également modifier leur odeur corporelle.
Douche, crème solaire et vie nocturne : les vrais facteurs de risque
La bière n’était pas seule sur le banc des accusés. Les chercheurs ont identifié d’autres comportements qui rendent littéralement irrésistible aux yeux, ou plutôt au nez, des moustiques. Les buveurs de bière se sont révélés 44 % plus attractifs que les personnes ayant abstenu de boire de la bière pendant au moins douze heures, les consommateurs de cannabis 35 % plus attractifs, et ceux ayant partagé leur lit la nuit précédente 46 % plus attractifs. À l’inverse, une bonne nouvelle pour les adeptes de propreté : les festivaliers qui s’étaient douchés et avaient mis de la crème solaire étaient 48 % moins attractifs.
Le vin, lui, occupe une place à part dans cette hiérarchie. Les buveurs de vin attiraient initialement eux aussi davantage de moustiques, mais ce résultat n’a pas atteint la significativité statistique une fois les autres variables ajustées. la bière semble jouer un rôle bien particulier, sans doute lié à sa composition spécifique plutôt qu’à l’alcool en général.
Les chercheurs eux-mêmes résument leur découverte avec un brin d’ironie scientifique. Ils écrivent que les moustiques sont attirés par ceux qui évitent la crème solaire, boivent de la bière et partagent leur lit, concluant qu’ils ont simplement un faible pour les hédonistes parmi nous. Une formule qui a fait le tour de la presse scientifique internationale, tant elle résume avec humour un phénomène jusque-là mal compris.
Reste une question que l’étude n’a pas pu trancher : celle du fameux « sang sucré », cette autre légende urbaine sur l’attractivité aux moustiques. Les chercheurs eux-mêmes reconnaissent ne pas avoir pu évaluer cette hypothèse dans le cadre de leur protocole, faute d’outil de mesure adapté sur le terrain. De quoi laisser la porte ouverte à une prochaine édition du Mosquito Magnet Trial, peut-être avec un panel encore plus large de boissons testées. En attendant, la prochaine fois qu’un moustique vous cible lors d’une soirée entre amis, la réponse n’est peut-être pas dans vos veines, mais dans le fond de votre verre.
Sources : biorxiv.org | researchgate.net
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